Lachlan Skipworth’s Oboe Quartet

Quatuor pour hautbois, piano et cordes de Lachlan Skipworth


C’était au mois de mars, une publication sur Facebook – comme quoi, il n’y a pas toujours que des trucs sans intérêts – un bref extrait vidéo partagé par Marigaux dans lequel apparaissait Diana Doherty .

La musique ?

Inconnue au bataillon, comme son auteur.

Quatuor pour hautbois, piano et cordes de Lachlan Skipworth

Et là, subitement j’ai eu envie d’en entendre plus. Des couleurs m’attirent, une poésie évidente. C’est un langage personnel mais qui reste conventionnel dans l’emploi du hautbois. Evidemment la prestation de Diana Doherty, lumineuse et époustouflante dans son jeu, ça aide !

Chanceux, je trouve de suite la page de son auteur sur Bandcamp :

https://lachlanskipworth.bandcamp.com/track/oboe-quartet-i-allegro-moderato

Et j’achète l’album sur Amazon en téléchargement.

La partition qui date de 2020 est déjà publiée par Universal Edition. Je la commande immédiatement !

(Je prends l’édition papier. La version numérique est chère et inintéressante pour moi. En effet on ne peut l’utiliser qu’au sein d’une application, on n’a même pas l’impression possible)

Je découvre une musique où l’on n’est pas perdus par mille altérations mais certains enchainements ne sont vraiment pas commodes. Le déchiffrage se révèle plus compliqué que ce à quoi je ne m’attendais.😅

Voici l’un des principaux thèmes, mon préféré :

J’apprécie particulièrement le 1er mouvement. Il me paraît tellement inspiré ! Le thème très chantant. Tout est fluide et connecté entre les instruments. Je suis moins fan du second mouvement, plus libre et incantatoire, beaucoup plus sombre et le 3ème mouvement jovial et sautillant ne me parle pas beaucoup. Les goûts les couleurs… Mais c’est intéressant à jouer.

Une seule chose me dérange dans la partition, c’est la notation inutilement compliquée et fautive des quintolets écrits avec les 2 premières doubles croches séparées des 3 suivantes… A part ça, l’oeuvre mérite le détour, il y a de quoi travailler et ça change comme répertoire. 😉

Lachlan Skipworth est un compositeur né en 1982 en Australie. Après avoir appris la clarinette, il part au Japon pour 3 années durant lesquelles il découvre le shakuhachi qui va beaucoup influencer son écriture. De retour dans son pays, il se lance dans la composition.

Je vous laisse ci dessous avec les notes (traduites) du programme :

Le premier mouvement se déroule comme un moto perpetuo, conduit initialement par une délicate figure de piano qui tourne rapidement à la surface. Il est intéressant de noter que chaque temps est divisé non pas en quatre, mais en cinq doubles croches, ce qui donne un élan unique à l’Allegro Moderato plus large. Au-dessus de cela, le hautbois dessine les longues lignes lyriques du thème principal, avant de s’élancer énergiquement vers un second thème qui révèle les possibilités rythmiques uniques des subdivisions quintuples. Le violon et le violoncelle reprennent ensuite le thème principal, le mouvement interne incessant du piano évoluant à travers plusieurs épisodes et ralentissant considérablement pendant un bref Adagio. Un feu d’artifice de hautbois nous lance une fois de plus et la musique s’élance vers une présentation extatique du thème principal en tutti avant de s’éteindre pour clore le mouvement.

Le deuxième mouvement offre un bref moment de répit entre les énergiques premier et troisième mouvements. L’amour d’Alan pour Messiaen est invoqué dans une mélodie extrêmement lente et recherchée jouée par le violoncelle et le violon, marquée dolente espressivo. L’harmonie sous-jacente reste toutefois majoritairement majeure (comme pour l’ensemble de l’œuvre), ce qui donne à l’atmosphère un caractère nettement sacré. Deux brèves sections de figures mystérieuses ressemblant à des oiseaux concluent le mouvement, mettant en scène le hautbois en dialogue avec le violoncelle et le violon.

Le troisième mouvement Allegro Giocoso s’ouvre sur un thème fantaisiste de hautbois rappelant les couleurs vives du premier mouvement, sur un pizzicato de cordes et des figures de piano sautillantes. Mais ici, les changements d’humeur se succèdent à un rythme effréné, nous faisant passer par une écriture staccato, lyrique, fluide et dramatique, le tout dans la première minute. Les choses s’effilochent rapidement lorsque je pousse à l’extrême les rythmes quintuples du premier mouvement. Des éclats de hautbois et de piano colorent un contrepoint en 5/8 entre le violon et le violoncelle. Soudain, nous arrivons à un Con Forza en 5/4 dans lequel le piano résiste obstinément, divisant chaque mesure en quatre puis en sept contre les cinq des cordes. La réexposition joue d’autres tours, sautant d’une dénomination de temps à l’autre jusqu’à ce que nous nous installions en 20/16 et que nous nous dirigions vers un final anguleux et excitant pour terminer l’œuvre.

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