Berceuse pour cor anglais

Berceuse pour cor anglais et piano, musique de Alain Vlamynck


Je finissais par croire que c’était une malédiction. Ne plus écrire pour hautbois de manière  générale. En même temps, je n’ai jamais trop insisté. Pourquoi faire ?

Pour un instant – et un instant seulement – je vais me lancer des fleurs et me lancer dans la psychanalyse à 2 balles.

Quand on a inventé des choses parfois originales, certaines audacieuses, d’autres plus convenues mais toujours personnelles et je le crois animées d’une certaine poésie, il est difficile de se renouveler ou du moins de ranimer les flammes mortes… La passion est un puissant moteur mais abimée par les vicissitudes que charrie le quotidien de la vie et la pesanteur d’un travail ingrat, il arrive qu’elle ne soit plus qu’un feu qui couve sous la cendre.

La question de l’utilité finit inévitablement par se poser également. Pourquoi écrire ? … Pour qui ?

Je n’ai toujours pas ces réponses.

Depuis presque 20 ans, j’ai préféré délaisser cette voix de mon hautbois pour celle plus immédiate du piano. Les gens sont plus vite touchés et j’aime improviser, prenant les choses comme elles viennent – sur le clavier du moins.

Qu’importe ! Ma passion du hautbois s’est exprimée bien différemment et vous qui me lisez en avez eu un petit aperçu. Ces  cinq dernières années je me suis beaucoup investi à travers ce blog avec peut-être trop d’attentes et d’espoirs au point qu’il m’a semblé plus sage de prendre un peu de distance.

Toujours est-il que ce week-end fût assez surprenant pour moi. J’éviterais d’en tirer des conclusions hâtives mais il faut croire que mon esprit était assez disponible et ouvert à quelques jours de mon anniversaire, puisque j’ai écrit cette petite Berceuse pour cor anglais et piano. Elle est venue et s’est imposée à moi, toute seule. Qui plus est dans une tonalité que j’ai rarement usitée !

Bien entendu, c’est une musique sans prétention mais je ne regrette pas d’avoir sorti le papier à musique et mon crayon pour la circonstance. La simplicité devait être de mise pour une berceuse et j’ai dû me raisonner. Cela ne m’a pas empêché de glisser ici ou là quelques subtilités tout en espérant qu’elles viennent faire scintiller les harmonies. Je suis assez satisfait de la lumière et des couleurs. Moins de ma « justesse » au cor anglais… Mais j’étais trop impatient à l’enregistrer et voir comment cela pouvait sonner…en vrai.

Peut-être aurais-je l’occasion (et la volonté ?) de refaire cette partie de l’enregistrement ? Mais c’est que j’aime bien la capture d’un instant puis passer à autre chose…

Pour ma petite vidéo, je n’ai pas trouvé ce que je cherchais. J’avais plus en tête des dessins d’un jeune enfant qui dort, heureux et insouciant tandis que sa mère le contemple. Je me suis rabattu sur un univers marin et nocturne, en espérant tout de même obtenir un je ne sais quoi d’enfantin et d’onirique. Puis, soudain, j’ai eu cette citation, cet incipit de Richard Bach qui m’est revenu en tête comme une évidence :

« A ce Jonathan le Goéland qui sommeille en chacun de nous ».

Alors voici. Je vous laisse découvrir.

2 réflexions sur “Berceuse pour cor anglais

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