Concerto de Ross Edwards pour hautbois

Concerto pour hautbois, « Bird Spirit Dreaming » de Ross Edwards pour Diana Doherty


1) Une histoire de La Suraigu. Encore…

Il y a des oeuvres que quand tu les reprends ça marche tout de suite comme si tu les avais travaillées hier et d’autres qui… Te donnent du fil à retordre avant de retrouver un peu tes marques. Le concerto de Ross Edwards est de celles-là.

Très grande variété et complexité rythmique, changements de mesures permanents, grands intervalles, emploi du suraigu fréquent… J’avais même oublié qu’il y avait un La6 dès la deuxième page ! 😅 Mais contrairement à celui d’Eté de Gotthard Odermatt qui était la note finale, amenée progressivement, il s’agit ici d’une note accentuée au milieu d’un trait avec un Sib5 juste avant.

Moi qui pensait avoir solutionné mes problèmes avec cette note maudite, je m’aperçois que ce n’est finalement pas le cas. C’est dommage car vous verrez ici que j’ai une anche plutôt sympa sur laquelle je me trouve très à l’aise. Tout sort « finger in the nose » à 99,99%… Reste le 0,01% : ce put🤬in de La suraigu ! 🤣

Bon, c’est pas grave, je finirai bien par avoir sa peau. 😇

J’ai modifié un peu le réglage de ma 1ère clé d’octave et ça m’aide un peu. Je n’ai pas encore pris le temps de travailler sur mes anches pour aller peut-être plus spécifiquement et plus facilement dans ce registre. Mais vraiment j’insiste, je suis surpris d’avoir une note sur laquelle je bute à ce point quand tout le reste sort dans une grande fluidité de la cave au grenier !

Ce que je regrette le plus c’est qu’il y a un doigté très facile (pour ne pas dire simplissime) que j’utilisais sur mon Lorée et qui fonctionnait assez bien et qui – ici – ne fonctionne pas du tout sur mon Mönnig :

LA6 suraigu hautbois doigté

2) L’oeuvre de Ross Edwards

Je sais que je ne suis pas le centre du monde (mais je suis juste à coté 😅) mais je m’étonne qu’une telle oeuvre ne soit pas jouée et reprise. Elle est d’une telle qualité ! C’est un réel apport dans la littérature hautboïstique.

Composée en 2002 et dédiée à Diana Doherty sa compatriote australienne, cette musique reste conventionnelle dans son écriture. Elle ne fait pas appel à des « techniques » et c’est à peine s’il y a un son multiphonique et 2 flatterzunge. Le compositeur y puisera beaucoup pour son futur concerto pour clarinette.

L’ oeuvre est en un seul mouvement mais peut se diviser en 3 parties :

  • La première à pour principale caractéristique  un aspect incantatoire avec des motifs en perpétuelle évolution qui peuvent se répondre, se superposer, se compléter  tout en étant aussi indépendants face au thème d’un choral assez statique en comparaison. L’ambiance est joyeuse, versatile et l’on peut facilement imaginer les chants d’oiseaux et la Nature qui sont des sources d’inspirations auxquelles puise Ross Edwards. L’aspect rituel – ou spirituel en quelque sorte – est aussi une constante dans ses oeuvres. Peu à peu la musique se fait plus mélodique, plus lyrique.

oboe concerto ross edwards 2

  • Dans la seconde, de tempo plus lent, le hautbois communie avec le cor anglais mais aussi les violons ou les alti avec un thème travaillé en imitation canonique. Ce passage a été surnommé « Love Duet » sur le CD « Souvenirs » de Diana Doherty notamment en raison du fait qu’elle joue cette oeuvre avec Alexandre Oguey, son mari, cor anglais solo à l’orchestre symphonique de Sydney. La musique est pourtant plaintive comme le cri déchirant de la soie
  • Enfin la troisième et dernière partie est -comme très souvent dans les oeuvres du compositeur – très rapide, marquée par la danse et les répétitions de motifs rythmiques sur de nombreux changements métriques. On y trouve un peu une sorte de fusion avec des éléments des deux parties précédentes.

C’est une oeuvre vraiment réussie qui nous change d’un répertoire moderne imbuvable ou alors des sempiternels concerti de Mozart et Strauss dont je suis las pour ma part et en dehors desquels il semble ne pas exister de salut pour les zooboïstes…

La partition est éditée chez Ricordi (London) mais peut également s’acheter et se télécharger immédiatement en pdf sur le site de l’Autralian Music Centre. Même le conducteur pour orchestre ! 😀

Je vous laisse avec d’autres oeuvres qui valent le détour :

Mais surtout 😃 :

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