Die Seele ruht in Jesu Händen

Aria « Die Seele ruht in Jesu Händen » issue de la cantate BWV 127 de Johann Sebastian Bach, version pour cor anglais, flûte à bec et piano 


Ben… tout est dans le titre et tant pis si vous n’avez pas fait allemand en 1ère langue vivante au collège ! 😁

Plus sérieusement, il s’agit d’une aria, sans doute l’une de celles que j’aime le plus chez Bach. Evidemment la musique est pleine de douleur. La souffrance émotionnelle dans la musique est l’un de mes moteurs et j’espère que cela va s’entendre dans mon tout dernier enregistrement.

La cantate BWV 127 « Herr Jesu Christ, wahr’ Mensch und Gott » , Jésus-Christ, homme véritable et Dieu, a été composée et crée en 1725 à Leipzig pour le dernier dimanche avant le Carême.

J’ai appris pas plus tard qu’aujourd’hui que ce jour se nomme Esto Mihi ou dimanche de la Quinquagésime. On sait jamais… Si ça peut se placer au scrabble… 😅

L’aria Mon âme repose dans les mains de Jésus est une musique funèbre. Même sans en saisir le texte, cela me semble évident à l’écoute.  Il y a une formidable partie obligée de hautbois qui s’entremêle avec la voix de la soprane tandis que des flûtes à bec et le continuo jouent inexorablement des notes répétées, une pulsation lente et mécanique. L’accompagnement montre une certaine sécheresse qui contraste et se marie fort bien aux lignes mélodiques et à leur legato. A un aspect musicalement inéluctable s’ajoute une fin, une destinée à la fois poignante et réconfortante qui semble dire : aie confiance, n’aie pas peur, je suis avec toi jusqu’au bout.

Cela fait très longtemps que je souhaitais l’enregistrer mais sans vraiment en prendre le temps. Et puis… Durant mes vacances en famille, chez mon frère, un dimanche matin, au petit déjeuner la radio France Musique nous accompagne et … Qu’est ce que j’entends ? Cette aria ! Mais alors… Vraiment dans une version déprimante et mortelle tout simplement au point que j’étais presque mort de rire. Excellent choix de passer ça de bon matin 👏 pendant qu’on attaque les tartines !

J’espère et pense ne pas pouvoir faire pire. 😁 Je n’ai joué ici que la 1ère partie de l’Aria comme dans le tout 1er disque du Pasteur Jean-Christophe Robert avec lequel je l’avais découverte.  Je pensais la jouer avec le hautbois et le hautbois d’amour puis,  il y a 2 jours,  je pense avoir eu une bien meilleure idée.

J’ai songé un temps jouer les parties de flûtes mais qu’est-ce que j’aurais fait avec le piano ? Pas d’orgue, pas le moindre continuo pour le remplacer. Puis voilà mon idée qui jaillit : jouer la partie vocale à la flûte à bec ! Lui offrir un rôle mélodique mais garder sa couleur boisée et claire, lumineuse.

C’est ainsi que j’ai essayé de garder ou de faire le lien – du moins – avec l’oeuvre originale. Mais je suis allé plus loin dans mes choix. Moi qui aime tant écouter cette mélodie au hautbois je me suis dit : et pourquoi pas l’échanger pour… Le cor anglais !

Evidemment, vue l’étendue de la mélodie, la tonalité n’est plus la même. Tout a été transposé une quinte inférieure. Le cor anglais apporte une voix plus voilée et mélancolique et l’Aria devenue plus grave n’en est que plus dramatique encore maintenant.

Voici les paroles de l’Aria et leur traduction. Quand Bach avait crée cette cantate Bwv 127, il avait représenté peu de temps après la 2ème version de sa Passion selon Saint Jean. D’ailleurs la cantate utilise des cantus firmus que l’on retrouve dans cette Passion mais aussi dans celle selon Saint Mathieu. Ces oeuvres sont connectées.

Die Seele ruht in Jesu Händen,
Wenn Erde diesen Leib bedeckt.
Ach ruft mich bald, ihr Sterbeglocken,
Ich bin zum Sterben unerschrocken,
Weil mich mein Jesus wieder weckt.

L’âme repose entre les mains de Jésus
Lorsque la terre recouvre ce corps.
O glas funèbre, ne tarde pas à sonner pour moi,
Impavide je suis prêt à mourir
Puisque mon Jésus me réveillera.

Je vous propose 2 versions que j’apprécie beaucoup. L’une d’elle est très bien référencée. Je ne connais pas le hautboïste qui joue mais je le trouve formidable ! Une interprétation pas solfégique, avec les gammes et ses triples croches savonnées à la sauce baroque comme je l’aime.  Il est membre de l’Orchestra of the J. S. Bach Foundation. Visiblement c’est en Suisse. Si jamais vous le connaissez, n’hésitez pas à me contacter pour me donner son nom ! 😃

La deuxième version est celle dans laquelle joue Ingo Goritzki, sauf erreur de ma part, avec le Bach Ensemble d’Helmuth Rilling qui avait enregistré l’intégrale des cantates de Bach. J’aime son tempo bien plus allant, plus enlevé que l’immense majorité des versions dont certaines sont vraiment très (trop !)  pesantes.

Il n’y a pas d’indication de tempo sur le manuscrit et dans certains livres que je lisais quand j’étais ado, je suis persuadé que le conseil aurait été tempo giusto ! Nous voilà bien renseignés. 🤣

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