Histoire de meubler…

Histoire de meubler… Avec un hautbois légende 😁

Magritte est venu à ma rescousse : Ceci N’EST PAS un article sur… le hautbois Légende de Buffet Crampon !  / Magritte came to my rescue: This is NOT an article about… the Legende Oboe by Buffet Crampon !


Voici donc quelques jours de vacances bien méritées. Un moment propice aux déplacements, aux rencontres et… aux essais. J’aurais souhaité donc tout naturellement en profiter pour alimenter mon blog avec notamment un essai du hautbois Légende…qui au sens premier du terme restera quelque chose dont on a entendu parler ! Et Buffet restera ici synonyme de meuble dans la cuisine.

Vous pouvez sentir déjà mon amertume. Si une petite dose en est bénéfique dans mon espresso matinal, je trouve que c’est un peu fort de café que de se faire inviter, que je précise des dates et manifeste mon intérêt des semaines à l’avance avec quelques relances pour finalement apprendre qu’il n’y a pas de modèle disponible à l’usine pour essai juste quelques jours avant… Comment dire ?

Nan ? Sérieux ? Vous sortez un biniou et vous ne gardez même pas un modèle pour essai ? Vous les avez tous vendus. Bien. Je suis content pour vous. Mais c’est pas très respectueux de mon travail.

Ma mère m’aurait lâché sur une fulgurance « Fais du bien à un baudet... » car oui, je n’attends pas que l’on me demande ou m’appelle et j’écris par envie, par passion. Mais quand vous produisez, offrez quelque chose qui fait plaisir, à défaut de s’attendre naïvement à un retour je me serais contenté – moi – de plus de sérieux. Simplement.

Je ne suis pas soliste dans l’Orchestre Intergalactique ni prof au Conservatoire Impérial … Mais je pense avoir quand même plus de choses à dire techniquement que les platitudes que l’on nous a énoncées dans 2 dernières vidéos, Genesis (référence à la Colère de Khan, Star Trek II ou a Phil Collins ?) et Features.

Je vous les résume à j’aime mon hautbois, je me découvre avec (Sans blague ? Avec votre niveau ? Il était temps !) ou encore il me permet tel vibrato (Oh là là) ou c’est une page blanche…

Cela aurait été mieux si au delà de ce rêve que l’on vous vend sur paroles, on avait laissé parler Eric Speller pour essayer de décrire ce qu’il recherche et de dire vraiment (concrètement) ce que lui apporte cet instrument par rapports aux précédents modèles qui ont pourtant à chaque fois été loués à leur sortie. (Oui, c’est le jeu, je me doute)

Modèle Prestige ? Orféo ? Virtuose et aujourd’hui Légende : c’est quoi le concept de cette gamme sans cesse élargie ? Quelle est leur plus-value respective ? Sur quoi portait son insatisfaction pour justifier un travail de recherche et ce nouveau modèle ?

Je poses de simples questions. Ça m’intéresse ou… m’intéressait.

Je m’interroge sur l’ovni qu’était le Virtuose du point de vue de la découpe des corps, des problématiques de jonction et de la recherche sur le clétage avec notamment les aimants, pour revenir sur un design traditionnel…

Mise en concurrence de modèles récents en interne ? C’est rentable ? Utile ? Compréhensible ? Sur ce dernier point j’ai répondu je pense.

Pour me contredire sinon il me faut des infos plus précises et des comparaisons. Quand je parle voiture – et même si la carrosserie m’intéresse – j’aime bien qu’on aborde le sujet du moteur. Même modestement.

Chez Howarth avec leurs modèles pro, il y a le XL -perce large, parois épaisses, le XM qui est tout l’inverse et le LXV qui est un mélange des 2 précédents pour faire simple. Projection, mise en vibration, sonorité sont censées être les principales différences.

Chez Lorée, après le modèle traditionnel assez marqueté « anche américaine » par l’histoire et qui je crois est en perte de vitesse, le Royal est venu offrir un hautbois avec plus de corps, de puissance et de rondeur. Le 125 est une variation essentiellement cosmétique du Royal, ce qui n’exclue pas un ressenti différent pour d’autres raisons mais assez mineures en somme. L’Etoile, du même gabarit, est plus différent dans sa perce et recherche plus de fluidité, moins de résistance et le but était de plaire un peu plus au marché européen.

Chez Marigaux, le 901 demeure un best seller, c’est leur modèle historique, l’esprit de la maison avec un hautbois qui a été longtemps plus corpulent que les instruments de ses concurrents qui s’en sont ensuite inspirés en partie. Le temps ne l’empêche nullement d’évoluer par touches discrètes et subtiles un peu comme une mise à jour. Le modèle 2001 lui a été un tournant. Un développement, une refonte de l’ergonomie essentiellement, du moins à mes yeux. C’était une transition vers sur ce qui allait annoncer le M2. Un hautbois complètement différent sur la perce 901 en souhaitant améliorer la justesse par un travail de pointage, rendre l’instrument plus fluide mais aussi plus sombre esthétiquement, dans une quête du moment et prolonger l’ergonomie du 2001.

Et puis il y a Rigoutat. Pardon. Il y avait.

Le modèle Classique hérité de Roland Rigoutat a reçu un totem d’immunité en restant au catalogue. Je m’interroge si en dehors des joueurs historiques de ce modèle, il y a encore une réelle demande. Mais c’est avec ce modèle que Rigoutat était synonyme de souplesse. Le Symphonie (qui était très homogène avec un grave très accessible) et l’Evolution ont cédé la place à l’Expression, dont j’ai un souvenir plus feutré, plus rond lorsqu’il était sorti et au J plus adopté je crois et qui est lui même une synthèse et un compromis : souplesse et stabilité. Mais si vous regardez le tournage des corps et le clétage, ils se ressemblent tous.

Pourquoi dis-je « Il y avait » ?

Car je m’interroge. Quand une société en absorbe une autre cela peut être pour acquérir des parts de marché, agrandir un réseau, développer des économies d’échelle, développer des synergies, acquérir des savoirs faire (et des brevets aussi parfois 😅) et gagner en… expérience. Surtout quand on achète une boite réputée pour ce qu’elle fait.

BMW a beau être un motoriste réputé je ne pense pas qu’ils aient ignoré l’expertise de Rolls Royce en ce domaine ni dans celui de la montée en gamme de leurs berlines les plus prestigieuses et tout cela en laissant le groupe britannique se développer. Je veux bien continuer à filer la métaphore avec Porsche chez VW mais vous aurez compris je pense. Rigoutat a été acheté il y a 2 ans déjà. Jérôme Perrod disait dans la Lettre du Musicien « vouloir développer cette marque » tout en voulant devenir avec Buffet un « leader mondial du hautbois ». OK. Reste à définir ce qu’est un « Leader ». (Celui qui produit le plus ou celui qui fait le meilleur produit? Simple question) Mais… Quoi de neuf depuis, en dehors d’un showroom pour Rigoutat ? 🤓

Je pense que les principales marques avaient – et ont encore– une identité qui leur est propre et qu’ils garderont je l’espère. Et cette identité, cet esprit passe par des caractéristiques techniques qu’il est difficile de gommer ou d’ignorer en tant que musicien. On choisit celles qui nous conviennent le mieux mais il y a toujours un détail qui nous manque (un seul ? 😁) et qui nous oblige à compenser, travailler sur nous mêmes et sur… les anches… OU alors : on fait avec !!! 🤣

Aussi, pour finir aujourd’hui et juste parce que je suis taquin, si vous souhaitez un instrument qui s’efface au service de votre expression musicale libérée (C’est beau hein ? C’est de moi ) et que vous souhaitez en connaître mon essai, mon avis, mes comparaisons, mes belles photos, je vous offre une vraie page blanche pour le mettre en valeur :

C’est sûr que cette seule image va vous dépayser, vous, mes 26.000 lecteurs annuels, les fidèles comme les simples curieux de passage ! 👍👏 😉


So here are a few days of well-deserved vacation. It’s a good time to travel, meet new people and… try things out. So I would have liked to take advantage of it to feed my blog with a test of the oboe Légende…which in the first sense of the word will remain something you’ve heard about! And Buffet will remain here synonymous with furniture in the kitchen.

You can already feel my bitterness. If a small dose of it is beneficial in my morning espresso, I find it a little strong to be invited, I specify dates and express my interest weeks in advance with a few reminders to finally learn that there is no model available at the factory for trial just a few days before… How can I tell?

No ? Seriously? You take out a biniou and you don’t even keep a model for testing? You’ve sold them all. Well, good for you. I’m happy for you. But that’s not very respectful of my work.

My mother would have let me go on a rant « Do good for a jackass… » because yes, I don’t wait for someone to ask me or call me and I write out of envy, out of passion. But when you produce, offer something that pleases, if you don’t naively expect a return, I would have been satisfied -me- with more seriousness. Simply.

I am not a soloist in the Intergalactic Orchestra nor a teacher at the Imperial Conservatory … But I think I still have more to say technically than the platitudes we’ve been told in the last 2 videos, Genesis (reference to the Wrath of Khan, Star Trek II or Phil Collins?) and Features.

I’ll summarize them to you: I love my oboe, I discover myself with it (No kidding? With your level? It’s about time!) or it allows me such a vibrato (Oh là là) or it’s a blank page.

It would have been better if, beyond this dream that we sell you on lyrics, we had let Eric Speller speak to try to describe what he is looking for and to say really (concretely) what brings him this instrument compared to the previous models that have been rented each time when they were released. (Yes, that’s the game, I suspect).

Prestige model ? Orfeo ? Virtuose and today Legend: what is the concept of this ever-expanding range? What is their respective added value? What was its dissatisfaction about to justify a research work and this new model?

I ask simple questions. I’m interested or… interested.

I wonder about the UFO that was the Virtuose from the point of view of the cutting of the bodies, the problems of junction and research on keying with magnets in particular, to return to a traditional design …

Internal competition of recent models ? Is it profitable? Useful? Understandable? On this last point I answered I think.

To contradict me otherwise I need more precise information and comparisons. When I talk about cars – and even if the bodywork interests me – I like to talk about the engine. Even modestly.

At Howarth with their pro models, there’s the XL – wide bore, thick walls, the XM which is the opposite and the LXV which is a mix of the 2 previous ones to make it simple. Projection, vibration, sound are supposed to be the main differences.

At Lorée, after the traditional model that has been inlaid with the « American reed » by history and which I believe is losing momentum, the Royal came to offer an oboe with more body, power and roundness. The 125 is an essentially cosmetic variation of the Royal, which doesn’t exclude a different feel for other reasons but quite minor in sum. The Etoile, of the same size, is more different in its bore and seeks more fluidity, less resistance and the goal was to please the European market a little more.

At Marigaux, the 901 remains a best seller, it is their historical model, the spirit of the house with an oboe that was for a long time more corpulent than the instruments of its competitors who were then partly inspired by it. Time does not prevent it from evolving with discreet and subtle keys, a bit like an update. The 2001 model was a turning point for it. A development, a redesign of the ergonomics essentially, at least in my eyes. It was a transition towards what was going to announce the M2. A completely different oboe on the 901 bore, with the aim of improving the accuracy by pointing, making the instrument more fluid but also darker aesthetically, in a quest for the moment and prolonging the ergonomics of the 2001.

And then there is Rigoutat. Pardon. There was.

The Classic model inherited from Roland Rigoutat received an immunity totem while remaining in the catalog. I wonder if, apart from the historical players of this model, there is still a real demand. But it is with this model that Rigoutat was synonymous with flexibility. The Symphony (which was very homogeneous with a very accessible low register) and the Evolution gave way to the Expression, which I remember more muffled, rounder when it was released and to the more adopted J I think, and which is itself a synthesis and a compromise: flexibility and stability. But if you look at the turning of the bodies and the keying, they all look the same.

Why do I say « There was »?

Because I wonder. When one company absorbs another, it can be to acquire market share, expand a network, develop economies of scale, develop synergies, acquire know-how (and sometimes patents too 😅) and gain… experience. Especially when you buy a company with a reputation for what it does.

BMW may be a well-known engine manufacturer, but I don’t think they ignored Rolls Royce’s expertise in this field, or in the upgrading of their most prestigious sedans, and all this while letting the British group grow. I will continue to use the metaphor with Porsche at VW, but I think you will understand. Rigoutat was bought 2 years ago already. Jérôme Perrod said in the Musician’s Letter « to want to develop this brand » while wanting to become with Buffet a « world leader of the oboe ». OK. It remains to define what a « Leader » is. (The one who produces the most or the one who makes the best product? Simple question) But… What’s new since then, apart from a showroom for Rigoutat? 🤓

I think that the major brands had – and still have – their own identity, which I hope they will keep. And that identity, that spirit, comes through technical characteristics that are difficult to erase or ignore as a musician. We choose the ones that suit us best but there is always one detail that we miss (just one? 😁) and that obliges us to compensate, to work on ourselves and on… the reeds… OR else : we make do with it !!! 🤣

Also, to finish today and just because I’m teasing, if you want an instrument that fades away in the service of your liberated musical expression (It’s beautiful eh? It’s from me there) and you want to know my essay, my opinion, my comparisons, my beautiful photos, I offer you a real blank page to show it off:

It’s sure that this single image will take you, my 26,000 annual readers, the faithful as well as the simply curious passing by! 👍👏 😉

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