Quatorzième Concert de Couperin

François Couperin : Concerts Royaux / Nouveaux Concerts / Les Goûts Réunis

English translation in the second half 😉


 

François Couperin (1668-1733) était un compositeur modeste, discret, ce qui n’empêcha point son oeuvre d’être connue en France comme à l’étranger.  On sait que Bach estimait son oeuvre. Mais après son mort, il faut bien convenir que sa postérité passa dans l’ombre jusqu’à ce que Debussy ou Ravel ne le mettent à nouveau dans la lumière, bien des siècles après !

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Couperin n’a pas écrit pour le théâtre, ni pour l’orchestre, se concentrant sur la musique pour clavier.

Parmi sa musique de chambre, dans son sens original, il y a bien entendu les Quatre « Concerts Royaux »  dédiés à Louis XIV, joués vers 1715 mais publiés en 1722.  Puis, deux ans plus tard soit 1724, il publia une suite, un second recueil sous le double nom : « Nouveaux Concerts » / « Les goûts réunis ».

Contrairement à ce que ce dernier nom laisse sous entendre dans un contexte culturel et musical où s’opposaient déjà les partisans de la musique française face à la musique italienne, je ne suis pas certain que les Goûts soient si réunis que cela… Tant cette musique demeure riche d’agréments expressifs, caractéristiques de l’écriture pour clavecin mais aussi du chant et adopte la forme de la suite de danse typiquement française.

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Les instruments n’étaient pas indiqués avec précision. mais laissés à l’appréciation des musiciens :

préface concerts royaux

Dans de nombreuses pièces on s’aperçoit que Couperin joue sur les registres avec régulièrement une alternance de clé de Fa et de clé d’Ut à la basse ce qui peut nous suggérer des interventions solistes qui s’émancipent du continuo.

Toutefois, comme les différents plans sonores ne sont jamais très distants loin de l’autre et que la basse à un rôle souvent mélodique et de dialogue avec le superius, la musique pourrait même se satisfaire d’une exécution en duo, avec 2 instruments mélodiques.

Même si cela n’a rien d’authentique avec les usages de l’époque, je me plait à imaginer une version entre un hautbois et un hautbois baryton ou un peu plus facilement un hautbois et un basson.

N’ayant ni hautbois baryton ni basson, je me suis plu à enregistrer ici le 14ème Concert avec uniquement un hautbois et un hautbois d’amour. Et il ne m’a fallu que très très peu d’ajustements en dehors de réviser ma lecture de clés. 😅

Je m’étais déjà amusé à enregistrer le Prélude du 11ème Concert avec 2 hautbois d’amour, il y a 2 ans. Et déjà, j’avais remarqué que cette musique pouvait sonner avec 2 instruments à voix égales et que le hautbois d’amour – bien qu’étranger à la France de Couperin – pouvait chanter avec plus de légèreté, de souplesse et de rondeur que le hautbois.


François Couperin (1668-1733) was a modest, discreet composer, which did not prevent his work from being known both in France and abroad.  We know that Bach appreciated his work. But after his death, it must be admitted that his posterity passed into obscurity until Debussy or Ravel brought him back into the light, many centuries later!

Couperin did not write for the theatre, nor for the orchestra, concentrating on keyboard music.

Among his chamber music, in its original sense, are of course the Four « Concerts Royaux » dedicated to Louis XIV, played around 1715 but published in 1722.  Then, two years later, in 1724, he published a suite, a second collection under the double name: « Nouveaux Concerts » / « Les goûts réunis ».

nouveaux concerts gouts réunis

Contrary to what this last name suggests in a cultural and musical context where the partisans of French music were already opposed to Italian music, I am not sure that Les Goûts are so united as that… This music remains so rich in expressive amenities, characteristic of harpsichord writing but also of singing, and adopts the form of the typically French dance suite.

préface nouveaux concerts gouts réunis

The instruments were not precisely indicated. but left to the musicians’ discretion:

 « The following pieces are of a different kind than those I have given so far. They are suitable not only for harpsichord, but also for violin, flute, oboe, viola and bassoon. I had made them for the small chamber concerts where Louis quatorze made me come almost every Sunday of the year…« 

In many pieces we find that Couperin plays in the registers with a regular alternation of F clef and C clef in the bass, which may suggest solo interventions that emancipate themselves from the continuo.

However, as the different sound planes are never very far apart and the bass has an often melodic role and a dialogue with the superius, the music could even be satisfied with a duo performance, with 2 melodic instruments.

Even if this is not authentic with the customs of the time, I like to imagine a version between an oboe and a baritone oboe or a little more easily with an oboe and a bassoon.

Having neither baritone oboe nor bassoon, I enjoyed recording here the 14th Concert with only an oboe and an oboe d’amore. And it took me very, very few adjustments apart from revising my key reading. 😅

I had already had fun recording the Prelude to the 11th Concert with 2 oboe d’amore 2 years ago. And already, I had noticed that this music could sound with 2 instruments with equal voices and that the oboe d’amour – although foreign to Couperin’s France – could sing with more lightness, suppleness and roundness than the oboe.

 


Find the 4 separate movements, composing Couperin’s 14th Concert on Soundcloud  (if you prefer) in my version for oboe & oboe d’amore. 😉

 

4 commentaires

  1. laurent thenard dit :

    une riche idée ces deux hautbois d’amour réunis. C’est très réussi. merci pour le partage.
    Laurent.

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  2. Gérard dit :

    Alain,
    Merveilleux mariage de sonorité, un régal.
    Merci
    Gérard

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    1. Gérard,
      Merci beaucoup, cela me fait très plaisir et m’encourage.
      Merci encore.

      Alain

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