A la santé du hautbois…Ou pas !

Insuffisance vélopharingée ?

Ce matin j’ai découvert l’incompétence ou insuffisance vélopharyngée au détour d’un post sur Facebook.

C’est un peu long pour espérer placer ça au Scrabble. Dommage… Car en « mot compte triple » cela ferait merveille ! 😁

Aussi, comme je n’ai jamais eu l’envie de mourir idiot, j’ai tout de suite creusé le sujet. 🤓

Le palais mou ou le sphincter peuvent échouer à séparer la cavité buccale de la cavité nasale vers lesquelles sont transmises l’énergie acoustique et la pression d’air.

J’ai ensuite découverts des témoignages d’une chanteuse ou d’un clarinettiste ici où là, avant de réaliser et de me souvenir que j’étais vraisemblablement concerné par ce problème. Plus ou moins. 🤔

Il m’arrivait notamment au conservatoire d’entendre mon nez « craquer » pendant que je jouais du hautbois, sur des notes longues ou des phrases interminables. Cela faisait comme des bruits similaires aux ronflements.

On m’en avait fait le reproche… Mais sans jamais me dire quel était le problème… NI la solution !!!

Comme d’habitude. Je ne m’étendrais pas plus sur ce sujet. 🤬

J’avais simplement la chance que ce n’était que passager. 😏

Jouer de la musique, un effort physique

Le hautbois est un instrument avec une pression pouvant aller jusqu’à 10 hPa ! ( 1 hectopascal = 0,001 bar)

Cette pression est permanente, quelque soit la nuance exercée au cours du jeu. On comprend vite que cela peut influer et être source de problèmes comme ici sur le mécanisme vélopharingé.

Les forces générées sur les lèvres sont de l’ordre de 270g ! Elles doivent permettre l’étanchéité de la bouche par leur pression autour de l’anche, tout en laissant cette dernière vibrer tandis que l’air passe à l’intérieur. Je comprends mieux les ulcérations de ma lèvre inférieure qui parfois tournait au violet avec de nombreux vaisseaux sanguins prêts à exploser… Ou déjà explosés ! 😨

D’autres problèmes me viennent en tête comme la fatigue musculaire, les crampes, …les dystonies. Pour jouer les muscles faciaux sont mis en jeu. La langue est employée notamment pour l’articulation et elle est constituée elle-même de 17 muscles. Même les muscles intrinsèques au larynx sont impliqués !

Quand on pense à la respiration, d’autres muscles sont impliqués de manière importante. Le diaphragme est le plus célèbre, puis viennent les scalènes, les intercostaux (internes notamment), les abdominaux…

planche anatomique diaphragme

Soyons honnêtes, le corps n’est pas conçu à l’origine pour la musique ou le hautbois qui l’impactent de bien des façons. 

Porter simplement le hautbois, c’est déjà faire supporter 800g au seul pouce de la main droite…

planche anatomie squelette

Avec le temps…

Pour me recentrer sur mon sujet initial, je dirais que mes « craquements » ont disparu au fil du temps sans doute grâce à :

  • Mes exercices vocaux et toutes mes vocalises que je réalise rituellement toutes les heures avec mes classes. La méthode « La voix ouverte » d’Emmanuelle Pigagniol est d’une aide précieuse pour chanter avec aisance, timbrer et équilibrer sa voix de manière amusante, intelligente et structurée. Ce bien-être vocal a été profitable je pense à ma pratique instrumentale.

 

  • Mon travail personnel sur moi même pour me détendre. Il faut savoir être attentif aux tensions qui se nouent, chercher à les éviter, ou savoir arrêter quand elles sont là. C’est surtout un état d’esprit, un état de… conscience. Il faut aussi éviter la pression que l’on s’impose pour réussir ou celle que l’enseignant ou un système d’enseignement peut porter sur nous. Il faut être à l’écoute de soi.

 

  • Enfin, d’un point de vue purement hautboïstique, des anches plus simples, plus faciles sont d’une grande aide. Il faut trouver un équilibre pour doser l’aisance de jeu avec la sonorité. Le modèle de hautbois et celui des tubes employés pour les anches sont une quête vers plus de fluidité et donc de moindre résistance. Le roseau que j’emploie est souvent assez dur mais cela me permet de le gouger finement à 0,57mm, alors que j’utilisais avant des roseaux plus épais.

Nouvelle pédagogie, nouvelle didactique ?

Mon article aujourd’hui est le signe d’un regret. Celui de n’avoir pas été aidé, et sur bien des points ! Je ne comprends pas que des professeurs dans des institutions supérieures n’aient toujours pas aujourd’hui une vision claire du fonctionnement anatomique et des sollicitations et des répercussions que le jeu musical implique.

J’en ai pour preuve qu’il suffit d’aborder le sujet de la respiration pour entendre ou lire des choses bien différentes et qui ne tiennent même pas compte du fait que les muscles impliqués dans la respiration ne sont nécessairement les mêmes à l’inspiration ou a l’expiration…

C’est à croire qu’il vaudrait mieux jouer sans se poser de question en priant simplement que ça fonctionne !

De mon côté, je pense qu’il est urgent de palier ces carences et que des connaissances, une compréhension accrue de notre corps et de sa physiologie nous serait bien utiles ! 🙏

Ce diaporama nécessite JavaScript.


 

Cela peut vous intéresser

Un article à lire sur Le Monde

Les bloquants, c’est bêta