François Couperin, un disque et moi…

Depuis quelques semaines je travaille Les Goûts Réunis de François Couperin. C’est ma cure de musique Baroque. Et cela faisait longtemps !

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Il faut le temps de retrouver ses repères. Beaucoup de souplesse sur les anches mais surtout dans le jeu. Il faut de la grâce et un peu de nervosité au bout des doigts ne nuit pas ! Tous ces ornements ! Pardon, ces « agréments » !

Tremblements ou mordants inférieurs et supérieurs, cadences ou tours de gosiers, coulés et ports de voix rendent la musique très ductile.

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Une par une, je passe en revue toutes les pièces : Carillon, Allemandes et autres Sarabandes… C’est une musique richement notée, précise jusqu’aux croches inégales.

Je me plais à écouter mes disques. Avant. Après.

Deux en particulier comportent une sélection des Nouveaux Concerts de Couperin ou Goûts Réunis :

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L’album de David Walter chez Polymnie et plus encore celui de Thomas Indermühle chez Claves.

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Ce dernier disque est l’un de mes préférés. Il date de 1991. Une époque que j’aime bien, pleine de bons souvenirs avec notamment un cours particulier avec Antoine Lazennec sur Paris où après avoir bien travaillé le Onzième Concert et son prélude en notation blanche sur mon Rigoutat Symphonie j’avais ensuite enchainé avec Kalliwoda [Musique de Salon] dans tous les sens pour m’entendre dire – à bout de souffle – que ça ferait un Bis   sympa et cool pour un concert ! Euh…. 🤓😶🤡

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Au passage, je m’étonne aujourd’hui que l’on n’entende pas plus souvent ce répertoire en dehors de programmes types que l’on a pour les récitals au Conservatoire de Paris ou pour les épreuves de concours comme  à Tokyo ou Munich. C’est une musique exigente je trouve.

Pour revenir à mon disque d’Indermühle, j’y tiens beaucoup. Une sonorité pleine, ample et généreuse. Cela chante beaucoup. Le clavecin, le basson, tout est bien équilibré.

Malheureusement j’ai eu quelques contrariétés dernièrement.  Soudainement, la musique  saute. Le rayon du laser semble ne lire aucune données pendant 3 ou 4 secondes qui me paraissent bien longues pendant que l’on entend le CD tourner à toute vitesse. Cela se reproduit. Encore et encore. C’est que le début. D’accord.

(On va attendre pour les larmes sur le plancher…)

Je me dis simplement que la lentille est sale et qu’il me faudrait la nettoyer sans doute. Mais rien n’y fait. C’est la piste 33. Puis la 32 fait des siennes. Quelques jours plus tard c’est au tour de nouvelles pistes. A croire que mon disque s’enrhume ! Un virus de ce genre, ça existe ?

Blague à part, car je ne ris pas, je songe copier mon disque avant qu’il ne soit trop tard. Mon flair renifle à 10km les ennuis qui approchent. Je me souviens avoir sauvegardé des « images disques » mais je ne trouve pas celui-ci et m’interroge, incrédule :

Pourquoi ne l’avais-je pas sauvegardé ???

Ce n’est pas grave, faisons le maintenant. Sur mon PC comme sur mon MAC : impossible ! Graver une image ou importer les pistes : ça finit toujours pas bloquer quelque part. Je suis démoralisé car je prends grand soin de mes disques et celui-ci n’a même pas une seule rayure ! C’est incompréhensible. Magie Noire ? Vaudou ? Mauvais Karma ? Je suis possédé !!!

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Je ne comprends pas et laisse passer ma colère intérieure.

J’avoue avoir cherché sur le net. Des sites de streaming  le référencent pour finalement ne pas l’avoir du tout. Consternant.

Soudain, une idée. Une bonne idée.

Rigoutat vend les disques de Thomas. Peut-être ont-ils encore un exemplaire ? Je découvre que le disque n’est plus édité mais qu’une nouvelle édition existe chez Camerata. C’est un double CD qui reprend l’enregistrement de 1991 complété par une nouvelle session en 2013.  Je pourrais me retrouver avec l’intégrale des Nouveaux Concerts. Chic ! Chic ! Chic !

J’envoie un mail tout de suite. Nous sommes samedi. Peut-être que Lundi j’aurais une réponse. Je suis impatient. Le jour J une réponse m’est adressée. C’est la douche froide :

« Il semblerait que nous n’ayons plus en stock ce CD »

Vous déconnez là ? C’est une blague de mauvais goût ? « Il semblerait… » Vous voulez dire que là, sous vos yeux il n’y en a pas, que l’on peut en trouver un caché au fond d’une armoire avec de la chance mais que vous n’avez pas envie de regarder ?

Je le cherche sur le net. Stock épuisé au Japon. Prix prohibitif en Allemagne sur un site obscur. Finalement un miracle : Amazon.uk ! Il est au Royaume Uni et peut-être envoyé sur le continent !!! 23£ plus les frais d’envois soit au final 31€. 😃😃😃😃😃😃😃

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5 jours plus tard j’avais mon disque. Trop content, Je l’ai laissé dans son blister. Mais le lendemain, après l’avoir enfin ouvert, la première chose que j’ai faite fût de copier les 2 disques, de tout sauvegarder sur disque externe et d’en réaliser une compilation en mp3.  On n’est jamais trop prudent et l’on ne m’y reprendra plus.

Dans les années 80 on vantait le CD comme support éternel en comparaison d’un vinyle. Quelle sinistre blague ! 😡

Carte Gaston